Est-ce une faute politique d’être située à 1000 mètres d’altitude ? Est-ce une faute politique d’être une cité industrielle ? Est-ce une faute politique si les aristocrates préfèrent vivre les pieds dans l’eau plutôt que dans la neige ?
Ces quelques interrogations veulent mettre en perspective la réalité des habitants des Montagnes, qui accueillent les frontaliers par milliers et qui ont mis des hectares de terrain à disposition des entreprises.
C’est contre ces gens-là que quelques dirigeants du Bas ont fait aboutir le référendum qui s’oppose au report d’une nouvelle répartition de l’impôt des frontaliers. Ce report, décidé par le Grand Conseil, n’avait pas pour but d’abandonner le projet, mais de mieux en mesurer les conséquences.
Le projet du Conseil d’État propose de revoir la répartition de l’impôt payé par les frontaliers entre canton et communes. Actuellement sur 200 %, celle-ci est de 150 pour les communes et 50 pour le canton. Il s’agirait de passer à 77 pour les communes et 123 pour le canton. Pour compenser les pertes subies par les communes, le canton propose de leur octroyer trois points provenant de l’impôt des personnes physiques et morales. Si la proposition intéresse particulièrement les communes du littoral, c’est qu’elles n’accueillent que peu de frontaliers et sont donc peu concernées par la perte de revenus de leur l’impôt. En revanche, elles sont très intéressées par la hausse de trois points sur les autres impôts.
Dans cette affaire, les dirigeants des communes riches estiment avoir suffisamment aidé « ceux du haut » par le passé.
Le vote à venir ne manquera pas de provoquer des « étincelles », comme le titrait la presse neuchâteloise. Un nouveau Premier mars sera-t-il nécessaire contre l’aristocratie afin d’unir les travailleurs de tout le canton ? A moins qu’un groupe d’habitants du Haut excédés ne propose la sécession !
Alain Bringolf