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Débats NOMES du 17 janvier 2007, Aula des Jeunes-Rives, Neuchâtel

 Enjeux de la votation du 8 février 2009

samedi 17 janvier 2009


Le PST a décidé de dire NON en laissant la liberté à chaque section d’arrêter sa position. Le Parti Ouvrier et Populaire-ne laisse le libre choix.

Nous avons l’impression d’être pris dans un piège. S’opposer à la libre circulation des personnes alors que la libre circulation des capitaux existe, impensable ! Accepter les règles néolibérales de l’UE avec son lot de pressions sociales, impensable !

Comment choisir avec clarté ? Impossible. Selon que l’on donne davantage d’importance à l’un ou à l’autre de ces deux critères, on dit OUI ou NON !

Lors de notre assemblée générale, les OUI, mais l’ont faiblement emporté sur les NON, mais . Je n’expliquerai pas les arguments de ceux qui diront OUI car ils rejoignent au moins partiellement, ceux déjà largement évoqués.

Les tenants du NON ne craignent pas le prétendu « déferlement » des travailleurs étrangers. Aucun popiste ne s’oppose à la libre circulation, tous la souhaitent pour tous les habitants de la planète et non seulement aux résidants de l’UE. Le non s’adresse à la non reconduction des accords, pas à l’extension aux deux nouveaux pays. Si les autorités fédérales avaient séparé les deux objets, les votes exprimés permettraient une meilleure compréhension de ce que veulent les suisses.

Le document qui nous réunis s’intitule : La Suisse est en Europe. Oui, mais l’Union européenne ne représente pas tous les pays européens. Elle n’est que l’Union des pays qui ont décidé d’y adhérer essentiellement pour des raisons économiques et financières.

Le développement économique, est-il un bien ?

Cette question n’apparaît pas dans le débat. Nous observons que le nombre d’emplois résulte de la prospérité économique davantage que des accords de libre-échange avec l’UE. L’actuelle crise économique fait apparaître une augmentation du chômage, accords bilatéraux ou pas !

Ces accords favorisent les contacts et les échanges, certes, mais à qui profite l’exploitation de la libre circulation de la main-d’œuvre ? Nous connaissons le sort réservé aux salariés dans l’UE guidée par les règles du capitalisme. Les habitants craignent pour leur avenir, l’allongement de l’âge de leur retraite, l’allongement de la durée du travail, l’abaissement des salaires.

Comment soutenir l’UE lorsqu’elle contourne les refus des français et néerlandais en 2005 plutôt que d’approfondir les motifs de ces refus ? Le traité de Lisbonne, refusé par le peuple irlandais, reprend les règles du traité constitutionnel. Il confirme notamment la règle de la concurrence libre et non faussée.

Qui font les frais de la libre concurrence ?

Les salariées par la dégradation de leurs conditions de vie, quoi qu’on en dise.

Enfin, pouvons-nous parler de croissance économique sans parler d’environnement ? Ne pensez-vous pas que la croissance économique exponentielle fait peser un danger beaucoup plus grand sur l’espèce humaine que l’éventuel refus des accords bilatéraux avec l’UE ? Pour les tenants du NON, la limite du supportable est dépassée et le refus permet d’exprimer le mécontentement à l’égard d’une politique socialement et environnementalement irréfléchie.

La position nuancée du POP reflète parfaitement la difficulté de la réponse et il n’y aura aucune exclusion de ceux qui disent NON par ceux qui disent OUI. Les militants popistes soutiendront la construction d’une Europe recherchant le bien commun contre une structure permettant de faire du profit sur le dos des salariés européannisés.

En guise de conclusion, j’aimerais encore vous lire l’introduction d’une déclaration de François Houtard, prêtre catholique et professeur à l’université de Louvain, qu’il a prononcé à l’assemblée générale des Nations-Unies en octobre dernier :

« Le monde a besoin d’alternatives et pas seulement de régulations. Il ne suffit pas de réaménager un système, il s’agit de le transformer. C’est un devoir moral et pour le comprendre, adopter le point de vue des victimes permet à la fois de faire un constat et d’exprimer une conviction ; le constat que l’ensemble des crises, financière, alimentaire, énergétique, hydrique, climatique, sociale, relèvent d’une cause commune, et la conviction que nous pouvons transformer le cours de l’histoire ».

Alain Bringolf

POP neuchâtelois  |   Dernière mise à jour: le 15 mars 2018

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