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Séance du Conseil général commun des villes de la Chaux-de-Fonds et du Locle du 8 septembre 2010

 Bilan "inscription UNESCO"- Intervention de Pascale Gazareth, rapporteuse du POP

jeudi 9 septembre 2010


Madame et Monsieur les présidents, Mesdames et Messieurs,

L’inscription par l’UNESCO de l’urbanisme horloger de nos deux villes sur la liste du patrimoine universel de l’humanité est naturellement une grande source de fierté et de satisfaction. Elle donne en effet une image nouvelle à des villes souvent perçues, à l’intérieur comme à l’extérieur, comme ternes et peu attrayantes. Il aura fallu le point-de-vue éclairé de quelques spécialistes, l’intérêt de quelques hauts fonctionnaires, la conviction de quelques élus locaux et le travail de quelques abeilles butineuses et besogneuses pour rendre cette inscription possible. Nos remerciements vont bien entendus à toutes ces personnes qui ont cru cela possible et ont fait de cette conviction une réalité. Le chemin ne fut pas toujours facile, et les étapes nombreuses, mais nous y voici aujourd’hui. Ce rapport d’information était nécessaire, ne serait-ce que pour rappeler ce chemin et en garder la trace, et nous vous en remercions.

Il était aussi nécessaire de dresser le bilan financier de cette aventure. Une aventure suffisamment rare et exceptionnelle pour en avoir sous-estimé le coût, de sorte que le budget initial a été largement dépassé. Qu’à cela ne tienne, puisque des recettes externes ont permis de compenser la différence et qu’au final, la facture directe pour nos deux villes s’établit bien en-dessous du crédit accordé en 2005. Nous aimerions toutefois savoir si le déficit final est de 899 francs comme indiqué dans le tableau de la page 24 ou de 1422 francs comme indiqué en page 25. Nous relèverons au passage la faible implication du Canton dans cette aventure pourtant exceptionnelle : 45’000.- , même si ce n’est pas rien, cela démontre que l’aventure n’a pas fait rêvé nos autorités cantonales.
Enfin, à celles et ceux qui estiment que l’argent public est toujours mal dépensé, nous ne manquerons pas de faire remarquer que l’investissement consenti pour dresser le dossier de candidature n’aura pas été vain puisque les retombées de l’inscription sur la liste de l’UNESCO s’annoncent d’ores et déjà très positives. L’augmentation de la fréquentation touristique de nos deux villes est manifeste et n’aurait pas été meilleure si nous avions investi ces sommes dans une campagne promotionnelle classique. Mais les effets les plus importants et les plus durables seront sans doute les plus invisibles : ceux d’un changement d’image, à l’intérieur comme à l’extérieur, qui contribue à attiser pour nos villes la confiance, l’intérêt et le dynamisme.

Et cela nous amène tout naturellement à la seconde partie de ce rapport : les perspectives ouvertes par l’inscription désormais acquise. Qu’allons-nous faire de cette inscription ? comment allons-nous la faire vivre ? comment en tirer parti pour défendre nos deux cités dans le contexte de moins en moins favorable qui devient le leur de part leur position excentrée dans une époque de concentration générale des centres de décision et des ressources ? Peut-être est-ce trop tôt pour le dire, et c’est pourquoi nous ne le lisons pas dans le rapport qui nous est soumis ce soir. Celui-ci reste à un niveau plus pragmatique. Un rapprochement ici avec d’autres sites inscrits, là une commission d’experts, ou encore un site internet. Oui, bien sûr ! Mais que voulons-nous avec cela ? quels buts poursuivons-nous ? L’équipe qui continue à gérer ce dossier a-t-elle la tête trop dans le guidon pour pouvoir nous le dire ? Car des buts, on en devine : nouer des alliances, faire connaître cette inscription et surtout l’expliquer, de différentes manières et pour différents publics. Mais qui vise-t-on en fait ? à qui expliquer ? qui faire venir ? pourquoi ? et comment nous organiser entre nos deux villes, semblables et différentes, pour atteindre ces buts tout en respectant les priorités et les moyens de chacun des partenaires ? Enfin, quels moyens veut-on y consacrer, ponctuellement et de manière plus permanente ? Les réponses à ces questions, nous aimerions bien les entendre, mais aussi participer à leur élaboration. C’est pourquoi, dans le point suivant de l’ordre du jour, nous vous proposerons d’ouvrir la commission aux représentants des partis élus dans nos assemblées législatives.

Mais revenons au rapport pour saluer tout d’abord tout ce qui a déjà été fait en une année d’inscription. Pas de doute, nous n’avons pas attendu que le train soit en gare pour acheter notre ticket. Et nous nous réjouissons de tout ce qui sera encore fait, conjointement ou chaque ville à sa façon. Le Locle avec son nouvel Espace Temps et Urbanisme, la Chaux-de-Fonds avec son Espace de l’Urbanisme horloger et demain, nous nous en passerions difficilement, avec une nouvelle muséographie au musée d’histoire racontant aux visiteurs pourquoi et comment une communauté humaine s’est formée dans ces montagnes par et pour l’horlogerie. La votation à ce sujet montre d’ailleurs que les Conseils communaux se trompent lorsqu’ils écrivent, page 26, que la population neuchâteloise est bien informée au sujet de cette inscription : à la Chaux-de-Fonds comme au Locle, une large part de la population n’a pas encore saisi les raisons de cette inscription. Et cela même si elle s’est réjouie de cette inscription comme en témoigne l’affluence massive et populaire lors des fêtes qui ont accueilli l’annonce de l’inscription le 27 juin de l’année dernière.

Nous avons besoin que cette inscription vive aussi par la population de nos deux villes, et pas seulement par des élites naturellement formées à la comprendre et à l’apprécier. C’est ce qui nous permettra aussi d’améliorer l’accueil de nos visiteurs, en convainquant les commerçants et restaurateurs de l’intérêt de changer leurs habitudes et d’étoffer l’offre d’hébergement, en particulier au Locle. Car oui, nos deux villes ont quelque chose de spécial, quelque chose qui vaut la peine de venir les découvrir, quelque chose qui donne envie d’y passer une nuit, un week-end… ou toute une vie : nous l’appelons aujourd’hui urbanisme horloger, mais à travers lui c’est en fait l’histoire étonnante de ces bucherons et éleveurs qui se sont mis à fabriquer des objets parmi les plus complexes et les plus prestigieux dans une région totalement improbable et y ont construit des usines, des logements ouvriers, des villas patronales, des lieux de détentes, des lieux de connaissance, des installations sportives et des musées. Des villes modernes et singulières, quoi, et qui valent bien qu’on leur consacre ce rapport, dont le POP du Locle et de la Chaux-de-Fonds acceptera de pendre acte comme une étape de plus dans cette aventure qui nous lie désormais à l’UNESCO, pour longtemps nous l’espérons. Mais cela, nous le savons, dépendra de ce que nous ferons pour faire vivre et prospérer cette inscription ainsi que nos deux villes.
Je vous remercie de votre attention.

Pascale Gazareth, rapporteuse du POP

POP neuchâtelois  |   Dernière mise à jour: le 15 mars 2018

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